Loire (42) · Haute-Loire, Rhône, Puy-de-DômeLun.–sam., 8 h–20 h07 84 68 87 10contact@muraye.fr

Caméras de surveillance : comment être sûr de ne pas être en infraction vis-à-vis de vos voisins et de la loi

Par L’équipe MurayeMis à jour le

Installer des caméras de surveillance chez soi est tout à fait légal. Mal l’orienter ne l’est pas, et la frontière entre les deux tient parfois à quelques degrés d’angle.

 

Le sujet est plus sérieux qu’il n’y paraît. Les plaintes de voisinage liées à la vidéosurveillance des particuliers se comptent par centaines chaque année auprès de la CNIL, et le dossier type est toujours le même : un voisin qui constate une caméra sur un mur, un toit ou un balcon, et qui soupçonne qu’elle filme au-delà de la propriété de celui qui l’a posée.

 

Cet article précise ce que vous avez le droit de filmer, ce qui est interdit, ce que vous risquez, et ce que vous pouvez faire si c’est vous qui êtes filmé.

L’essentiel

  • Vous pouvez filmer votre propriété, et seulement elle : ni la rue, ni le trottoir, ni chez les voisins.
  • Pour un usage privé à domicile, aucune déclaration n’est nécessaire, ni à la CNIL ni en mairie.
  • Des caméras de surveillance mal orientées exposent pourtant à des sanctions. Un cadrage soigné et des masques de confidentialité les évitent.

La règle, en une phrase

Vous pouvez filmer l’intérieur de votre propriété. Vous ne pouvez rien filmer d’autre.

 

La CNIL est sans ambiguïté sur ce point : un particulier peut installer des caméras de surveillance à son domicile pour en assurer la sécurité, mais il ne peut filmer que l’intérieur de sa propriété, l’intérieur de la maison ou de l’appartement, le jardin, le chemin d’accès privé. Il n’a pas le droit de filmer la voie publique, y compris pour assurer la sécurité de son véhicule garé devant chez lui.

 

Cette dernière précision surprend beaucoup de propriétaires. Elle est pourtant explicite, et elle règle à elle seule la majorité des situations litigieuses.

Ce que vos caméras de surveillance ont le droit de filmer

  • L’intérieur de votre logement.
  • Votre jardin, votre terrasse, votre cour.
  • Votre allée et votre chemin d’accès, s’ils sont privés.
  • Votre façade et vos ouvertures, à condition que le champ s’arrête à la limite de propriété.
  • Votre garage, votre atelier, vos dépendances.

Ce qui est interdit

  • La voie publique : rue, trottoir, place, chemin communal. Seules les autorités publiques disposent de ce droit, ainsi que, après autorisation préfectorale, certains professionnels exposés comme les banques, bijouteries ou pharmacies.
  • La propriété de vos voisins : jardin, fenêtres, terrasse, entrée.
  • Les parties communes d’un immeuble, qui relèvent d’un régime distinct et d’une décision collective.
  • L’entrée d’un immeuble voisin ou tout espace dont vous n’avez pas la jouissance.

 

Le cas de la sonnette vidéo mérite aussi une mention : un dispositif dont le champ englobe le trottoir ou la rue tombe sous la même interdiction qu’une caméra classique, même s’il est vendu comme un simple accessoire de confort.

Non, vous n’avez pas à déclarer votre installation

C’est l’erreur la plus fréquente, et elle circule encore sur beaucoup de sites.

 

Pour un usage strictement privé, dans le cadre du domicile, aucune déclaration préalable n’est nécessaire : ni à la CNIL, ni à la préfecture, ni à la mairie. Vous êtes donc libre d’installer.

 

La raison tient au droit européen : un dispositif limité à la sphère strictement personnelle et domestique échappe aux obligations du règlement sur la protection des données. Mais cette exception a une contrepartie directe, et c’est tout l’enjeu de cet article : dès que votre caméra filme au-delà de votre propriété, vous sortez de la sphère privée et vous entrez dans un régime de traitement de données personnelles, avec les obligations et les sanctions correspondantes.

 

Autrement dit, ce n’est pas une déclaration qui vous protège. C’est l’orientation de votre caméra.

Ce que vous risquez avec des caméras de surveillance mal orientées

Trois niveaux de responsabilité, cumulables.

 

Pénale. L’atteinte à l’intimité de la vie privée : capter, enregistrer ou transmettre l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé sans son consentement, est punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. Le traitement de données personnelles sans respect des formalités applicables expose à des peines encore supérieures.

 

Administrative. Un voisin peut saisir la CNIL. Elle peut rappeler à l’ordre, mettre en demeure de réorienter ou de retirer le dispositif, et prononcer une sanction financière.

 

Civile. Sur le fondement du droit au respect de la vie privée, un juge peut ordonner le retrait de la caméra sous astreinte et accorder des dommages et intérêts. Point important : selon les décisions rendues, la simple orientation d’une caméra vers la propriété d’autrui peut suffire à caractériser le trouble, sans qu’il soit nécessaire de prouver que les images ont été effectivement visionnées.

 

Cette dernière précision change donc la façon de poser une caméra. Il ne suffit pas de ne pas regarder : il faut ne pas pouvoir voir.

Les quatre règles techniques pour des caméras de surveillance conformes

C’est sur ces quatre points que la pose professionnelle fait la différence.

1. Le champ de vision réel

Une caméra grand angle voit beaucoup plus que ce que l’on imagine en la fixant au mur. Un objectif à 110 degrés posé sur une façade en limite de parcelle capte presque toujours une portion de trottoir ou de propriété voisine. La vérification se fait donc à l’image, en regardant le flux sur l’écran, une fois la caméra fixée.

2. Les masques de confidentialité

La plupart des caméras et enregistreurs professionnels permettent de définir des zones masquées : des portions de l’image noircies de façon permanente, avant enregistrement. C’est la réponse technique propre quand votre champ utile déborde inévitablement : par exemple sur un portail donnant sur la rue.

 

Bien configuré, un masque rend donc l’image conforme. Encore faut-il savoir que cela existe et le paramétrer correctement.

3. L’orientation et la hauteur

Une caméra placée haut et inclinée vers le bas couvre votre propriété sans porter loin. Une caméra à hauteur d’homme, à l’horizontale, porte à plusieurs dizaines de mètres et traverse la rue. Ainsi, la même caméra, deux poses différentes, deux situations juridiques différentes.

4. La durée de conservation

Aucune durée n’est imposée à un particulier dans la sphère privée, mais la bonne pratique retenue est de ne pas conserver les images au-delà d’un mois, avec un écrasement automatique. Ce paramétrage se fait d’ailleurs dès l’installation.

Le cas des employés à domicile

Si vous employez quelqu’un chez vous (garde d’enfants, aide-ménagère, aide à domicile), la situation change de nature.

 

Vous devez informer la personne de l’existence du dispositif, de son emplacement et de sa finalité. Et vous ne pouvez pas utiliser le système pour la placer sous surveillance permanente à son poste de travail : filmer en continu la personne qui travaille chez vous n’est pas un usage admis.

 

Concrètement, cela signifie que les caméras couvrant les pièces où travaille cette personne doivent faire l’objet d’une information claire, et que la surveillance ne doit pas être disproportionnée à l’objectif de sécurité.

Si c’est vous qui êtes filmé par un voisin

La marche à suivre, dans l’ordre. Chaque étape a sa raison d’être.

 

  1. Parlez-lui. Dans la majorité des cas, le voisin ignore ce que sa caméra capte réellement. Un mauvais angle, un réglage trop large, un objectif plus ouvert que prévu. Une conversation règle souvent le problème en dix minutes.
  2. Demandez une réorientation ou un masque. Formulez la demande précisément : réorienter, incliner, ou activer un masque de confidentialité sur la zone concernée. C’est une solution technique simple, et elle permet à votre voisin de conserver sa protection.
  3. Écrivez. Si la demande orale reste sans effet, un courrier recommandé constitue la trace d’une démarche amiable. Elle vous sera utile ensuite.
  4. Saisissez la CNIL. Vous pouvez déposer une plainte en ligne, avec les éléments démontrant la situation.
  5. Allez au judiciaire si nécessaire. Un constat de commissaire de justice (anciennement huissier) permet d’établir ce que la caméra capte réellement, et le juge peut ordonner le retrait ou la réorientation sous astreinte, avec dommages et intérêts.

 

Ce qu’il ne faut jamais faire : masquer physiquement, déplacer ou dégrader la caméra d’un voisin. La dégradation d’un bien d’autrui est une infraction, et vous passeriez du statut de victime à celui de mis en cause. En revanche, rien ne vous interdit de planter une haie ou d’installer un brise-vue sur votre propre terrain.

Ce que nous faisons en posant des caméras de surveillance

La conformité fait partie de la pose, au même titre que le réglage de chaque caméra.

 

Concrètement, nous procédons à une étude du champ de vision avant fixation, en simulant le rendu depuis chaque emplacement envisagé. Nous vérifions l’image réelle après pose, et pas seulement l’orientation apparente du boîtier. Nous appliquons des masques de confidentialité partout où le champ utile déborde de la propriété. Nous paramétrons la durée de conservation. Et nous remettons un plan d’implantation mentionnant ce que chaque caméra couvre.

 

Ce dernier document a une valeur pratique : si un voisin s’interroge, vous pouvez lui montrer ce que la caméra voit. C’est généralement la fin de la discussion.

 

Pour vos caméras de surveillance, nous privilégions par ailleurs l’enregistrement local plutôt que le stockage sur des serveurs distants : vos images restent chez vous, sur un support que vous contrôlez, ce qui simplifie considérablement la question de leur protection.

 

Nous intervenons sous 24 h ouvrées, du lundi au samedi, partout dans la Loire, de la plaine du Forez à l’agglomération stéphanoise, ainsi qu’en Haute-Loire, dans le Rhône et dans le Puy-de-Dôme.

Une précision locale qui compte

Dans les lotissements récents de la plaine du Forez, les parcelles sont petites et les façades proches. Par conséquent, une caméra posée sur un pignon couvre très souvent une partie du terrain mitoyen sans que personne ne l’ait voulu.

 

Et une confusion fréquente mérite d’être levée : vous pouvez filmer un chemin d’accès privé, pas une voie communale, même si elle dessert uniquement quelques maisons et qu’elle ressemble à une allée privée. En cas de doute sur le statut d’une voie, la mairie répond en quelques minutes. C’est une vérification à faire avant la pose, pas après la plainte.

Muraye, dans la Loire

Une alarme posée, entretenue et dépannée pour vous

Matériel professionnel, pose, entretien, piles et pannes inclus dans un loyer mensuel. Vos images restent chez vous. Estimation gratuite en une minute, sans engagement.

Questions fréquentes sur les caméras de surveillance

Ai-je le droit de filmer ma propre entrée si elle donne sur la rue ?

Vous pouvez filmer votre entrée, à condition que le champ s’arrête à la limite de votre propriété. Si la rue apparaît dans l’image, un masque de confidentialité est nécessaire.

Non, pour un usage strictement privé limité à votre propriété, aucune déclaration n’est requise. Cette dispense disparaît si votre caméra filme au-delà de votre propriété.

Non, si elle est garée sur la voie publique. La CNIL l’indique expressément : la sécurité d’un véhicule ne justifie pas de filmer la rue.

Jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour atteinte à l’intimité de la vie privée, en plus d’une éventuelle sanction de la CNIL et d’une condamnation civile au retrait sous astreinte.

Dialoguer d’abord, demander une réorientation ou un masque, puis écrire en recommandé, puis saisir la CNIL. Ne touchez jamais à la caméra elle-même.

Aucune durée n’est imposée à un particulier, mais la bonne pratique est de ne pas dépasser un mois, avec un écrasement automatique paramétré à l’installation.

Oui. Vous devez informer la personne employée à domicile de la présence des caméras, et le dispositif ne peut pas servir à la surveiller en continu à son poste.

L’équipe Muraye

Muraye installe et entretient des alarmes et des caméras en location dans la Loire, la Haute-Loire, le Rhône et le Puy-de-Dôme. Nos articles répondent aux questions qu’on nous pose sur le terrain. En savoir plus

Site réalisé par systemes.muraye.fr