Rentabiliser son installation auprès de son assurance : ce que vous obtenez vraiment
Par L’équipe Muraye · Mis à jour le
La question revient à chaque visite : « Avec une alarme, est-ce que mon assurance va me rembourser une partie ? »
La réponse honnête tient en deux temps. Non, pas au sens où vous l’entendez, le pourcentage de réduction ne remboursera jamais une installation. Mais oui, il existe des contreparties réelles, souvent bien plus intéressantes que le pourcentage, et presque personne ne les demande parce que personne ne sait qu’elles existent.
Nous détaillons les quatre contreparties qui comptent, et le calcul qui remet le pourcentage à sa place.
L’essentiel
- La réduction de cotisation liée à une alarme, souvent de 5 à 20 %, ne rembourse jamais l’installation.
- En revanche, le gain se joue au moment du sinistre : franchise vol supprimée, plafonds relevés, garantie conservée sur un bien exposé.
- Rien n’est automatique : faites donc ces demandes par écrit, avec les documents de votre installation.
Alarme et assurance : d’abord, le chiffre qui casse le mythe
Commençons par ce qu’un installateur devrait vous dire avant de vous vendre quoi que ce soit.
Les réductions de cotisation qu’une assurance accorde pour une alarme sont couramment présentées dans une fourchette de 5 à 20 %, selon le dispositif et la compagnie. Rapporté à la cotisation moyenne d’une maison en France, souvent citée autour de 260 € par an, cela représente en pratique quelques dizaines d’euros annuels.
Autrement dit : une réduction de 30 € par an ne compense pas un investissement de 2 000 €. À ce rythme, l’amortissement se compte en décennies, c’est-à-dire au-delà de la durée de vie du matériel.
Si un commercial vous présente la réduction d’assurance comme l’argument central, il vous vend mal quelque chose qui vaut mieux que ça. Le raisonnement correct est ailleurs.
Contrepartie 1 : la suppression de la franchise vol
C’est la plus intéressante et la moins connue.
Certains contrats prévoient la suppression de la franchise sur la garantie vol lorsque le logement est équipé d’un système répondant à leurs critères, généralement un matériel certifié et une installation professionnelle.
L’intérêt est d’une autre nature que le pourcentage. Une réduction de cotisation vous fait gagner quelques dizaines d’euros chaque année, que vous ayez un sinistre ou non. Une franchise supprimée ne vous rapporte rien tant qu’il ne se passe rien, puis vous fait gagner plusieurs centaines d’euros le jour où quelque chose arrive.
C’est une protection pour le jour du sinistre, ce qui est précisément la raison d’être d’une assurance.
À demander explicitement, parce qu’aucun assureur ne l’applique d’office.
Contrepartie 2 : l’accès aux plafonds sur les objets de valeur
La plupart des contrats appliquent un sous-plafond spécifique aux bijoux, au matériel professionnel, aux instruments et aux objets de collection. Ce plafond est fréquemment très inférieur à la valeur réelle de ce que les gens possèdent, et il se découvre après le sinistre.
Or ces plafonds sont souvent modulables en fonction des moyens de protection. Un logement équipé, avec une installation documentée, permet parfois de relever le plafond, ou d’obtenir une extension de garantie qui serait refusée sans cela.
L’écart se compte donc ici en milliers d’euros, et il n’apparaît que le jour où vous en avez besoin.
Contrepartie 3 : obtenir ou conserver une garantie sur un bien exposé
Pour certains profils, l’enjeu est d’abord de rester assuré.
Une maison isolée, une résidence secondaire, un bien avec des antécédents de sinistre, un logement contenant du matériel professionnel : ce sont des situations dans lesquelles l’assureur peut exiger des moyens de protection comme condition de la garantie vol, et non comme critère de réduction.
Dans ce cas de figure, l’installation ne vous fait pas gagner de l’argent, elle vous permet d’être assuré. C’est donc une différence de nature. Et si vous êtes déjà dans cette configuration, vérifiez surtout que vous respectez ce que votre contrat exige, et que vous pouvez le prouver.
Contrepartie 4 : peser dans la négociation d’une clause
La clause d’inhabitation suspend la garantie vol au-delà d’une durée d’inoccupation qui varie fortement selon les contrats, et qui pénalise en premier lieu les résidences secondaires.
Disons-le clairement : une alarme ne supprime pas cette clause. Aucun équipement ne fait disparaître une disposition contractuelle, et quiconque vous affirme le contraire vous vend un argument faux.
En revanche, un bien protégé, surveillé techniquement et documenté ne se négocie pas de la même façon qu’un bien laissé sans protection. Un allongement du seuil, une extension de garantie, un contrat dédié : ce sont des discussions qui existent, et dans lesquelles votre dossier pèse.
Nous détaillons ce sujet dans notre article consacré à la clause d’inhabitation.
Le calcul à faire : ce qu’une alarme évite et qu’une assurance ne rembourse pas
Si la rentabilité ne se joue pas sur la cotisation, où se joue-t-elle ?
Sur ce que vous ne récupérerez pas, même bien indemnisé. Trois postes, systématiques :
La vétusté. Sauf garantie en valeur à neuf, l’assureur indemnise les biens à leur valeur au jour du sinistre. Un ordinateur de trois ans ne vaut plus grand-chose comptablement, et beaucoup à remplacer.
Ce qui dépasse les plafonds. L’écart entre la valeur réelle de vos objets et le sous-plafond du contrat reste à votre charge, intégralement.
Ce qui ne s’indemnise pas. Les papiers, les photos, les objets de famille, le temps passé en démarches, et le sentiment de violation du domicile. C’est le poste dont les personnes cambriolées parlent le plus, des mois après, et il ne figure sur aucun barème.
L’intérêt économique d’une alarme, c’est la probabilité d’éviter cela, pas trente euros de réduction sur votre assurance. Un cambriolage empêché ou interrompu vaut, en une seule fois, davantage que toutes les réductions cumulées sur la durée de vie du système.
Et si le financement change le calcul ?
C’est le point où notre modèle rejoint ce raisonnement.
Un investissement initial de plusieurs milliers d’euros rend l’arithmétique impossible : aucune contrepartie assurantielle ne compense une telle somme, et le calcul de rentabilité est perdu d’avance.
Une charge mensuelle maîtrisée, qui comprend la maintenance, le remplacement des pièces et le renouvellement du matériel, se compare à un service. Elle se juge donc à ce qu’elle couvre. Et si votre assureur supprime la franchise vol, l’aménagement porte alors sur une dépense de fonctionnement.
Votre alarme posée, quatre demandes à faire par écrit à votre assurance
À envoyer à votre assureur, en une seule fois, avec les documents de votre installation.
- La suppression de la franchise vol est-elle possible avec mon installation ?
- Les plafonds sur objets de valeur peuvent-ils être relevés compte tenu des moyens de protection en place ?
- Les exigences de mon contrat en matière de moyens de protection sont-elles satisfaites ? Réponse écrite demandée.
- La clause d’inhabitation peut-elle être aménagée, et à quelles conditions ?
Notre mode d’emploi de la déclaration détaille la procédure complète, avec les documents à joindre.
Ce que nous ne promettons pas
Nous ne sommes ni assureurs ni courtiers. Nous ne promettons aucune réduction, aucune suppression de franchise, aucun relèvement de plafond : tout cela dépend de votre contrat et de votre compagnie. Pour les bases, le ministère de l’Économie rappelle ce que couvre une assurance habitation.
Ce que nous fournissons, ce sont les pièces qui rendent ces demandes recevables : certificat d’installation, plan des équipements, comptes rendus de contrôle datés. Le reste se joue ensuite entre votre assureur et vous, et vous y serez mieux armé avec un dossier qu’avec une conviction.
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Questions fréquentes : alarme et assurance
Combien mon assurance va-t-elle baisser si j’installe une alarme ?
Les ordres de grandeur communiqués vont de 5 à 20 % de la part concernée, soit en pratique quelques dizaines d’euros par an sur une maison. Ce n’est pas l’argument principal, et il ne faut pas décider sur cette base.
La suppression de la franchise vol est-elle automatique ?
Non, jamais. Il faut la demander, et elle suppose généralement un matériel répondant aux critères de l’assureur et une installation professionnelle documentée.
Une assurance peut-elle exiger une alarme ?
Oui, dans certaines configurations : maison isolée, résidence secondaire, objets de valeur, antécédents de sinistre. L’installation devient alors une condition de garantie.
Une alarme permet-elle d’assurer des objets de valeur importants ?
Elle peut permettre de relever un plafond ou d’obtenir une extension qui serait autrement refusée. Cela se négocie, dossier à l’appui, et ne s’applique jamais d’office.
Une alarme se rentabilise-t-elle grâce à votre assurance ?
Pas par la cotisation : le calcul ne tient pas. Elle se justifie par le risque évité et par ce qui ne s’indemnise jamais, pas par un amortissement comptable.
L’équipe Muraye
Muraye installe et entretient des alarmes et des caméras en location dans la Loire, la Haute-Loire, le Rhône et le Puy-de-Dôme. Nos articles répondent aux questions qu’on nous pose sur le terrain. En savoir plus